TOURNANTS / CRISES
I - DOMAINES OU SE MANIFESTENT LES CRISES :
Le déclencheur d'une crise, de ce qui va nous amener à porter un regard neuf sur des aspects de notre vie, peut être un événement qui a la légèreté d'une plume (une intonation de voix par exemple), ou être d'une très grande violence.
La vie nous amène à revisiter peu à peu, tous les domaines de notre existence.
Très tôt, nous "choisissons" nos valeurs et nos comportements en fonction des "réponses" de notre environnement, et des exemples de notre entourage, que nous avons adoptés s'ils nous semblaient "bons" ou rejetés, s'ils nous semblaient "mauvais".
Or il y a toujours un moment où cette belle organisation craque : il nous faut alors reconstruire quelque chose de nouveau, le plus souvent avec les mêmes briques mais en les agençant autrement.
Il peut être tentant de se dire "si je dois revisiter, autant m'y mettre tout de suite ! " En fait, il semble plus efficace de se donner pleinement à ce qu'on fait et vit, et de régler, au fur et à mesure, les obstacles qui se présentent en travers de notre chemin et qui sont en général exactement ceux dont nous avons besoin pour évoluer vers notre objectif.
Les aléas de l'existence vont nous confronter à cinq domaines principaux :
- celui de notre identité, et de l'image que nous nous faisons de nous mêmes.
- celui des liens et de leurs qualités (gros cordages, lacet coulant ou fil d'or...?) établis avec les autres (parents, fratrie, généalogies, amis, collègues, autorités, conjoints...)
- celui de ce qui fait notre sécurité intérieure et extérieure (santé, besoins existentiels, matériels, physique...)
- celui de notre pouvoir : expression, affirmation de soi, territoire et expansion, d'obtenir ou conserver des informations...
- celui de nos croyances de vie, de nos croyances philosophiques et spirituelles.
Dans les faits ces domaines s'interpénètrent plus ou moins, et lorsqu'un événement vient bousculer de plein fouet un domaine, tous les autres risquent de subir plus ou moins l'onde de choc. Si vraiment tous sont profondément remis en question, nous avons l'impression devant la perte de nos repères de devenir "fou".
Par exemple : si je révise ma perception de la relation à mes parents, je touche à ma propre image dans cette relation et à mes responsabilités, ainsi qu'à mon pouvoir d'expression et sans doute à mes valeurs, ce qui peut avoir un impact sur ma santé, surtout si je suis très émotif(ve).
Les compartiments de nos divers domaines de vie ne sont pas étanches, cependant notre caractère intervient et nous fait vivre ou apparaître les crises différemment.
II - IMPACT DES CRISES EN FONCTION DE NOTRE CARACTERE
En fonction des composantes qui constituent notre caractère, nous réagissons différemment aux crises de l'existence.
En confrontant les cartes qui représentent des caractères n°78 à 92, aux diverses cartes de crises, il sera facile de comprendre combien les réactions des uns et des autres peuvent être variées, et donc combien l'impact d'un événement peut être plus ou moins importante en fonction de notre personnalité.
- Caractérologie de Le Senne
Le Senne (traité de caractérologie, PUF 1945) s'est appuyé sur les travaux de Heymans et Wiersma. Son approche a été complétée par Gaston Berger (traité pratique d'analyse du caractère, PUF 1950) et confirmée récemment par une autre approche celle du neurobiologiste Robert Cloninger de l'université de l'école de médecine de St Louis au Missouri, USA).
Trois composantes de notre caractère ont été mises en évidence par Le Senne.
- Les EMOTIFS ressentent de grands bouleversements pour la moindre pichenette et ils/elles ont du mal à ne pas se sentir balayés par les événements. Ils/elles vivent sur une mer plus ou moins démontée en permanence. La vie leur semble chaotique et difficile à maîtriser.
- Les NON EMOTIFS, souffrent des événements importants, se posent moins de questions que les émotifs, et ne comprennent pas grand chose à leur agitation.
- Les ACTIFS, sont tellement pris par l'action, qu'il faut qu'ils/elles soient littéralement arrêtés pour que les événements, en général, physiques, concrets, matériels, aient un impact sur eux. Si vous êtes ce type de caractère, vous ne lisez sûrement pas ces lignes, à moins qu'un mauvais plaisant ne vous ait ligoté sur une chaise.
- Les NON ACTIFS, ne sont pas des paresseux, mais des personnes dont l'énergie n'est pas immédiatement disponible. Ils souffrent de devoir attendre d'être prêts et sont naturellement tentés de remettre à plus tard la solution de leur problème.
- Les PRIMAIRES, réagissent fort et immédiatement et oublient vite. Ils ont plus de mal à tirer les leçons de leurs expériences. Ce ne sont pas des tourmentés habituels.
- Les SECONDAIRES, réalisent à retardement que quelque chose a bouleversé leur vie, ils souffrent longtemps des chocs, mais en tirent des leçons et des lois.
Chacun de nous possède en lui trois de ces composantes.
Nous sommes donc :
émotif ou non émotif,
actif ou non actif,
primaire ou secondaire,
et ce dosage, variable pour chacun de nous, et selon les moments, est en partie responsable de la façon dont nous subissons et gérons l'impact des événements.
Le comprendre aide à mieux nous accepter et à mieux accepter ceux qui autour de nous "ne bougent pas" à notre idée.
- Apprentissages et signes astrologiques
Une autre caractérologie très ancienne est représentée par les signes du zodiaque.
Ainsi en Astrologie, les épreuves traversées vont nous pousser à intégrer le comportement complémentaire de celui qui est le plus marquant à l'origine.
Le BELIER, qui fonce et agit parce que bouger est son plaisir, rencontrera des crises qui vont le stopper et sont destinées à lui apprendre la leçon de la BALANCE, qui est de peser ses actions et d'en imaginer les conséquences. A l'inverse la Balance, mesurée et médiatrice, sera confrontée à des problèmes de choix, jusqu'à ce qu'elle ait appris à foncer et décider quand c'est nécessaire. Voir toutes les conséquences d'un acte, sans jamais agir comporte des ennuis non négligeables.
Le TAUREAU, qui est orienté sur la tâche, le travail à faire, sera contraint d'apprendre la leçon du SCORPION, celui dont le travail est orienté sur les hommes, sinon il découvrira que l'homme dont il n'a pas intégré la présence représente un impondérable incontournable. A l'inverse, le SCORPION, devra apprendre à tenir compte des exigences imposées par la réalité matérielle, les délais, les financements, etc...
Sinon il sera lui aussi en échec.
Le GEMEAUX, qui explore mentalement le domaine des idées, aura besoin d'intégrer le SAGITTAIRE, qui va voir sur place. Mais le SAGITTAIRE, après avoir vu sur place, devra lui aussi apprendre, à présenter son expérience pour la transmettre.
Le CANCER, qui cherche à dépasser sa condition et s'exprime par la créativité, l'art ou l'éducation, va devoir intégrer la leçon du CAPRICORNE, à savoir qu'il y a des règles, des "lois" à respecter si nous voulons que notre création sorte de notre atelier, parce qu'il n'y a pas de création sans respect de contraintes (celles qu'on se donne, celles que la réalité ou la société nous imposent). Le CAPRICORNE, qui cherche et découvre des lois fondamentales, abstraites devra, lui, se confronter au moyen de communiquer sa recherche de façon créative et visuelle, pour être compris d'un public et afin que le résultat de ses recherches ne reste pas au fond d'un tiroir et serve à dépasser les limites actuelles de nos savoirs.
Le LION, un "patron" qui sait utiliser son pouvoir pour solliciter l'énergie des autres et atteindre ses objectifs, devra assimiler la leçon du VERSEAU, qui met son pouvoir au service des autres, et qui à son tour, devra apprendre à faire participer les autre et "leur apprendre à pêcher" au lieu de leur donner tout entièrement cuit.
La VIERGE qui sait tout disséquer, analyser, pour comprendre, ne pourra comprendre certaines choses (par exemple la beauté d'un être, qui n'est ni dans son nez, ni dans sa jambe, ni...), qu'en assimilant la leçon du POISSON qui a une vue globale et intuitive des choses, lequel doit apprendre la précision, les comptes, le respect de l'heure... s'il ne veut pas rester un rêveur stérile, qui passe à côté de la vie.
- Nos préférences cérébrales
Les travaux de Ned Hermann sur les préférences cérébrales ont été inspirés par les recherches de Roger W Sperry (prix Nobel 1981) qui a travaillé depuis 1960, sur les caractéristiques hémisphériques des personnes dont le corps calleux a été sectionné pour stopper des crises d'épilepsie. Cela lui a permis d'établir que nos hémisphères droit et gauche, abordent la réalité avec des compétences et des logiques différentes.
Ned Hermann a conçu un modèle (qui ne recouvre pas une réalité biologique) qui intègre également que notre approche peut être plutôt corticale (prépondérance de la pensée) ou plutôt émotionnelle (prépondérance des émotions et du ressenti).
Il est assez rare, qu'une personne ait une seule dominance, de même que celle qui possède une égalité de dominance dans les 4 secteurs. Plus couramment nous possédons 2 ou 3 dominances, qui vont influer sur notre façon de communiquer, de choisir un métier, ou sur nos activités en général.
Les quatre cadrans sont les suivants :
hémisphère gauche / Hémisphère droit
dominance corticale
"Moi rationnel""Moi expérientiel"
faits, logique, maths, idées, images, expériences
dominance limbique
"Moi prudent""Moi sensible"
procédures, méthodes, pouvoir, ressentis, émotions relations
Humaines, solidarité
Nous abordons la vie et les problème à travers le filtre de nos préférences cérébrales.
Celui-ci voit les choses sous l'angle de la logique, des faits et des tâches, celui-là, sous l'angle social et humain, et ils ont du mal à se comprendre. Cet autre est prudent, clairvoyant, méthodique, et il s'offusque du comportement du quatrième qui vit dans la spontanéité, l'instant présent, est ouvert à toute expérience, sans cesse en retard ou distrait.
Nous sommes davantage touchés par un événement
s'il touche un de nos domaines de prédilection.
Un cambriolage déstabilise davantage quelqu'un qui accorde beaucoup d'importance à la sécurité, a mis une centrale de surveillance et multiplié les verrous, qu'une personne un peu bohème qui oublie de fermer ses portes... Une rupture relationnelle secoue davantage une personne pour qui les relations, l'amour, la famille... sont très importantes, que celui pour qui seule compte la réussite professionnelle ou la satisfaction d'ambitions personnelles... et vice versa.
Ainsi nous ne comprenons pas toujours pourquoi les Autres "dramatisent" un événement : nous ne sommes simplement pas sur les mêmes préférences cérébrales, en ce cas, l'autre n'a pas "tort" d'être et de réagir comme il le fait, il ne peut simplement pas faire autrement, c'est vrai que c'est agaçant, mais ce n'est pas une raison pour le critiquer, nous critiquer, le culpabiliser ou nous culpabiliser, ce qui ne facilitera pas la naissance d'une solution !
III - LES PROTAGONISTES DE LA CRISE
Nous :
nos comportements inadaptés, nos erreurs, nos manques et nos excès, nos croyances et valeurs irréalistes, nos expériences mal intégrées qui nourrissent croyances et comportements.
Notre refus d'être partie prenante de ce qui nous arrive.
Les autres :
leurs comportements irréductibles,
leurs valeurs, leurs erreurs, leur manque de respect.
Les chagrins de toute vie :
perte d'un être aimé,
rupture et rejet affectif,
perte de travail et de reconnaissance sociale,
perte de santé et d'autonomie,
perte d'argent et de sécurité.
Les catastrophes prévisibles ou imprévisibles :
- naturelles : tempêtes, raz de marée, inondation, famine...
- dues à la malignité humaine : agression, prise d'otages, prison injustifiée, famine provoquée volontairement, extermination raciales, guerres...
Plus "NOUS" sera solide et adaptable, plus nous reposerons sur des valeurs authentiques et mieux nous supporterons toutes ces situations.
IV - RACINES DES CRISES
1. La relation aux images parentales
Nous sommes imprégnés par les premières relations que nous avons eu avec nos parents, ceux qui nous ont élevés.
Celles que nous avons eues avec notre mère, qui était capable ou non de satisfaire :
- nos besoins de survie, manger, être propre...
- nos besoins de sécurité psychologique, d'appartenance en nous aimant pour nous-mêmes,
- notre besoin d'être aidé et encouragé pour développer nos premières compétences (manger seul(e), marcher, devenir propre, prononcer nos premiers mots...) et de nous accepter dans notre imperfection transitoire,
- notre besoin d'apprendre à nous occuper de nous-mêmes, à devenir autonome.
Celles que nous avons eues avec notre père, qui était capable ou non :
- de nous apporter de la sécurité physique et matérielle,
- de nous apporter cet aspect de la sécurité effective que sont l'autorité et le respect des lois,
- de nous inciter à explorer, à dépasser nos limites, à oser, à nous faire confiance,
- d'être une protection en balisant nos premiers pas, sans pour autant nous couver,
- de nous apprendre le respect de nous-mêmes et à nous accepter dans nos échecs.
De leurs attitudes facilitatrices vont dépendre notre sentiment de sécurité, notre capacité à nous affirmer et à nous faire confiance, ainsi que notre capacité à nous intégrer à la société, en étant capable de nous exprimer, de demander, de recevoir, de nous contrôler de façon adéquate, d'accepter ou de refuser.
De ces premières années nous tiendrons une aptitude à développer des croyances positives pour notre vie, à nous sentir "nés sous une bonne étoile", de nous sentir à la fois semblables aux autres et particuliers, ou a contrario, de nous sentir différents et sans valeurs.
Sans que cela soit systématiquement le cas, derrière beaucoup de nos crises, nous retrouverons des griefs réels ou fantasmatiques contre nos parents.
Alors, ils nous apparaîtrons comme des monolithes indestructibles qui ne méritent pas le respect et peuvent prendre tous les coups. Cela s'arrête, le jour où nous prenons conscience de leur vulnérabilité, de la notre et de notre responsabilité.
2. Les comportements introjectés
qui nous font fonctionner selon des valeurs qui ne sont pas les nôtres et nous mettent en porte à faux dans l'existence, en entraînant une fausse image de soi.
Selon notre caractère, nous sommes "séduits", c'est-à-dire détournés de notre chemin, par des messages contraignants. Les champions "toute catégorie", sans, cependant, qu'ils en détiennent le monopole, sont les passionnés, les sentimentaux, les émotifs et les secondaires.
Grâce à l'analyse transactionnelle nous connaissons les plus virulents ainsi que leurs répercussions sur nos comportements.
SOIS PARFAIT : sous-entendu "tu devrais mieux faire", va entraîner une attitude obsessionnelle et compulsive : "ce que je fais doit être parfait", or c'est matériellement impossible. Alors nous nous réfugions dans nos pensées, nous rationalisons, nous intellectualisons. Tant que nous restons dans le monde des pensées, la perfection est possible et non contrôlable. Ne pas réaliser évite d'être critiqué et de se critiquer.
Lorsque nous passons à la réalisation, dans une ambiance stressante, nous nous mettons à "en rajouter" comme la ménagère qui n'a jamais fini ou le bourreau de travail. C'est notre façon de chercher à tout contrôler pour conserver notre sécurité et notre image.
Les autres nous renvoient l'image de quelqu'un qui en fait trop et est donc imparfait, ce qui nous semble injuste, nous ne nous sentons pas reconnus pour le mal que nous nous donnons. Nous nous sentons rejetés et nous rejetons.
Contre message : j'ai le droit d'être moi-même, de faire des erreurs dont je me nourris, j'accepte que la réalisation soit inférieure à ce dont j'ai rêvé. Il suffit que les choses soient suffisamment bien faites.
FAIS DES EFFORTS : sous-entendu, "ce que tu fais est toujours insuffisant, tu dois toujours continuer à le faire", pour réussir il faut peiner, il est immoral de réussir aisément.
Comme devoir toujours faire ses devoirs, la lessive, le ménage... n'a rien d'attractif, nous nous installons dans la passivité, la mauvaise humeur et l'agressivité. Nous attendons que les autres ou les circonstances nous forcent à faire les choses.
Pour nous débarrasser plus vite, nous pouvons devenir créatifs si l'ambiance est positive et encourageante. Mais si l'ambiance est stressante, nous pouvons nous mettre à faire ostensiblement des efforts, car faire des efforts peut très bien dispenser de réussir, si cela s'avère plus payant pour recevoir de l'attention (positive ou négative). Bien sûr nous faisons le gros dos, nous faisons pousser, en voulons aux autres qui font pression sur nous... et finalement nous nous faisons jeter. Nous en voulons aux autres et à nous-même, sommes agressifs, mais ne faisons rien pour modifier la situation, car c'est la faute des autres. Nous sommes en état de rébellion.
Contre message : se fixer soi-même des objectifs et se féliciter de les avoir atteints, même si cela parait en deçà de ce que font les autres, l'important est que cela nous convienne. Prendre ses responsabilités. Tirer les fruits de nos expériences pour en faire la base de nos expériences futures.
SOIS FORT : sous entendu "cache tes sentiments, ne montre pas ta vulnérabilité". Comme nous sommes tous plus ou moins vulnérables, nous avons conscience d'être devant une mission impossible "je ne pourrais pas toujours et partout cacher mon chagrin, ma joie, mon envie... "je n'y arriverais jamais", surtout quand nous sommes très émotifs.
Là aussi nous avons tendance à nous réfugier dans nos pensées, à intellectualiser, rationaliser, idéaliser : ce qui permet de vivre abrité de nos émotions.
En positif cela nous apprend à retenir notre action, à obéir pour ne pas être en risque d'erreur.
Lorsque les circonstances sont stressantes, nous posons le masque "je suis fort" et cherchons à donner le change, si nous sentons que c'est impossible, nous allons nous cacher ou fuir, et nous replier dans la solitude, humilié de n'être pas à la hauteur, abandonné des autres dont nous aimerions bien qu'ils viennent nous rechercher, tout en ne sachant pas accueillir leur démarche.
Contre message : J'ai le droit d'être vulnérable, c'est moi. J'accepte la vulnérabilité des autres : la véritable intimité passe par là.
FAIS PLAISIR : sous entendu "tu n'es pas assez gentil". Les personnes hypersensibles intériorisent aisément ce message. Or la demande est irréaliste : nous n'avons pas toujours la possibilité de faire plaisir aux autres, donc il y aura fatalement un jour où nous serons en échec, cela nous pend au nez et nous sommes par avance, à la fois malheureux et menacés, car si nous ne faisons pas plaisir, on ne nous aimera plus.
Nous montrons facilement nos sentiments, développons notre sensibilité comme une antenne pour capter les désir de l'autre et être sûrs d'être "gentils" au bon moment.
Si l'ambiance est positive nous savons exprimer nos émotions, nous réfléchissons à la bonne manière de faire plaisir ou de nous montrer serviable et nous agissons de façon juste et adaptée, en évitant de tomber dans des pièges à énergie.
Si nous sommes dans des circonstances stressantes : nous cédons aux exigences des autres, au détriment de nos propres besoins, émotions et sentiments. Alors nous nous méprisons parce que nous n'avons pas agit de bon coeur et que nous ne sommes pas congruents. Nous en voulons aux autres qui nous ont poussés dans cette direction, avons peur de perdre leur amour : "si tu ne me fais pas plaisir, je ne t'aime plus".
Contre message : développer la considération envers soi-même, le plaisir de la solitude, qui permet de se ressourcer, de faire ou vivre ce que l'on aime. Prendre conscience que nous ne sommes pas ici pour être un objet de satisfaction pour autrui, mais être dans une relation d'égal à égal.
SOIS FORT ET FAIS PLAISIR : ici la situation se complique," je dois être invulnérable, impassible et cependant empathique et sensible", c'est impossible mais je dois continuer de tenter d'y arriver pour être aimé.
Si la situation n'est pas stressante, mes émotions ne me gênant pas, je peux agir avec empathie.
Si les conditions sont stressantes : mes émotions m'assaillent, je suis obligé de me figer pour que cela ne se voit pas, et alors que je suis en plein désarroi, je suis sensé être ouvert aux autres. Je leur donne alors quelques signaux destinés à les satisfaire plus ou moins. Mais je me sens coincé, et je méprise l'autre : "finalement j'ai le pouvoir de te faire plaisir, et tu ne vois même pas que je m'en moque et que je te roule" "je te contrôle et je me contrôle"... mais je me sens abandonné, personne ne m'aime, d'ailleurs si on savait qui je suis vraiment... je trahis la confiance des autres... et je suis trahi... je manipule...
Contre message : j'agis selon mes possibilités du moment, je cesse de vouloir contrôler mes émotions, mes sentiments, les autres... et je rends à chacun la capacité à se faire plaisir sans mon intervention.
SOIS PARFAIT ET SOIS FORT : "tu n'as pas le droit à l'erreur même minime, et tu dois être invulnérable" , bon ! Je me réfugie dans la pensée, l'abstraction : je ne risque pas de me tromper et c'est un domaine dépourvu d'émotion.
En situation positive, nous allons prendre le recul pour réfléchir, contacter nos émotions, et utiliser leur énergie.
En situation stressante : nous posons le masque "Perfection et Force" et persuadé d'y être parvenu nous entamons une croisade pour convaincre les autres de nous ressembler, au besoin nous cherchons à leur faire peur, les intimider, pour les contrôler et les obliger à nous suivre. Nous nous entêtons, sûrs de la justesse de notre cause et ne lâchons pas nos "victimes" jusqu'au moment où, écoeurés de ne pas arriver à nos fins, nous les rejetons parce que nous les trouvons nulles et incapables, et eux nous abandonnent sans regret à nos utopies (certains diront à notre parano).
Contre message : La perfection n'est pas de ce monde, je ne suis pas là pour faire concurrence à Dieu. La réalité est qu'un être humain est vulnérable dans sa chair, ses sentiments et son mental. Aussi, pleinement humain, imparfait et vulnérable, je m'aime et je m'attendris en regardant les autres si semblables et différents. Je ne les juge pas, car je ne suis pas à leur place et je sais que si je m'y trouvais je ferais comme eux. Cela ne veut pas dire que je me désintéresse de leur sort et, s'ils me le demandent et que je le peux, je suis heureux de leur proposer d'autres perspectives, de façon respectueuse.
SOIS PARFAIT ET SOIS FORT ET FAIS PLAISIR : ici c'est la totale ! Devant tant d'exigences la personne ne sait plus ou donner de la tête! "Je dois être gentil", serviable, empathique, doux, ET fort, impassible, invulnérable, dépourvu d'émotion ET je n'ai aucun droit à l'erreur. C'est impossible, je n'y arriverai jamais : tout cela est trop contradictoire.
Tantôt j'essaie d'y arriver, je suis tendu et agité, essayant de faire face à tout, tantôt je me sens déprimé, toute mon énergie est avalée par mes émotions refoulées. Je ne suis jamais bien. Je ne dois pas être normal : les autres semblent y arriver."
Tantôt je fais plaisir pour faire plaisir, mais alors je ne suis pas fort, puisque je ne sais pas refuser, finalement je ne vaux pas grand chose... Tantôt, surtout quand je déprime, je mets le masque "sois fort", sous entendu : "tu te laisses aller", et le masque "sois parfait", sous entendu : " t'es incapable". J'apparais alors rigide, sec, inauthentique. Je me sens et suis parfois rejeté réellement par les autres. Alors je m'enferme dans la solitude, je rejette les autres, ce qui est encore un moyen de contrôler la situation. Solitaire dans ma tour d'ivoire je meurs du besoin d'être aimé et compris.
Contre message : je n'ai rien à prouver, je suis aimable comme je le suis avec mes faiblesses et mes incompétences. Les autres n'ont rien à prouver, je les aime comme ils sont avec leurs faiblesses et leurs incompétences. Si certains ne supportent pas que je sois vulnérable, que je ne puisse toujours être la réponse à leur demande, que je me trompe parfois... c'est sans doute qu'ils sont très insécurisés, mais ce n'est pas à moi de leur apporter une réponse en faisant le grand écart.
3. Les limitations imposées de l'extérieur ou de l'intérieur.
La non satisfaction de nos besoins peut être à l'origine d'états qui nous pousseront à réévaluer les critères de notre vie.
Si nos BESOINS PHYSIOLOGIQUES ET MATERIELS ne sont pas suffisamment satisfaits, nous éprouveront des sentiments qui vont de la frustration, à la dépendance puis à la peur de mourir.
Si nos BESOINS DE SECURITE ne sont pas satisfaits, nous pouvons avoir peur d'être battus, agressés, dépossédés de nos biens, d'être tués, de manquer d'argent, au plan matériel. Au plan psychologique nous douterons de nous, risquerons de nous montrer soumis et dépendants, et d'avoir peur de l'inconnu, qui pourrait être encore pire, ce qui nous décourage d'aller voir ailleurs.
Si nos BESOINS SOCIAUX ne sont pas satisfaits, nous n'oseront pas manifester nos sentiments et émotions, nous nous tairons, par peur d'être rejetés, nous pratiquerons l'auto-censure, et nous sentirons ou seront castrés.
Si nos BESOINS D'AUTONOMIE et d'indépendance sont contrés, nous accepterons de rester dans un moule qui satisfait autrui, renoncerons à explorer, à poser des questions, à prendre des risques... et la vie avec les autres risque fort de ressembler à une prison... à moins que nous ne fassions exploser la vitre avec perte et fracas... et un maximum de risques !
Si nos BESOINS DE REALISATION DE SOI, sont bridés ou interdits, nous nous trouvons empêchés de suivre nos intuitions (considérées comme illogiques et non valables), d'actualiser nos dons (pas grand chose en somme). Nous nous interdisons de toucher, de nous salir, et nous imposons une obligation d'atteindre la perfection, parfaitement irréaliste !
Si nos BESOINS D'EXPERIENCES PAROXYSTIQUES, de DEPASSEMENT DE SOI sont interdits, nous cultivons un excès de protection contre tous les chocs, nous nous interdisons les états passionnels, et comme ils ne manquent pas de se présenter, nous nous trouvons dans des situations de détresse gravissime. Nous refusons l'irrationnel, nous nous accrochons au conventionnel et à ce qui est logique, par peur des débordements.
Certaines limitations entraînent un sentiment de frustration plus ou moins intense, d'autres un sentiment ou un état d'impuissance et de castration.
Le refus de ces limitations de nos besoins, désirs, émotions et affects, pouvoir ou créativité, entraîne : l'exaltation imaginative, la rébellion, la révolte, et ou des conduites a-sociales.
4. Les conflits animus/anima
lorsqu'en nous s'affrontent ce qui fait notre essence masculine et notre essence féminine.
5. Les conflits internes de longue durée
qui finissent par épuiser toute notre énergie :
- corps/esprit
- pulsion/sublimation
- émotions/pensées
- rigidité/flexibilité
- envie/pas envie...
6. Les recadrages
Obligation de changer d'optique sous la pression d'un événement ou d'une situation, ou d'une personne.
7. la rencontre avec notre ombre... et nos sub-personnalités
Il y a de nombreux personnages en nous, ceux que nous aimons bien, ceux que nous n'aimons pas, et ceux dont nous ne voulons absolument pas entendre parler : le petit enfant malheureux, le mendiant, le gangster, celui représenté par les personnes dont je déteste absolument le comportement...
8. Les angoisses diverses :
- peur du mystère, de l'inconnu,
- de la mort, de la vie ressentie comme menaçante,
- peur de se tromper de voie,
- peur d'être jeté dans un monde hostile et inconnu,
- peur indéfinissable de l'avenir, que le "ciel nous tombe sur la tête",
- peur de devenir "fou", "violent", "incontrôlable".
9. Séquelle de traumatismes intra-utérins ou de traumatismes de la naissance
qui peuvent être à l'origine de certaines difficultés pour certains d'entre nous.
10. Deuils, séparations, pertes, coups du sort :
confrontation à l'irrémédiable, à l'impermanence, au détachement, remise en cause du sentiment de sécurité.
11. La recherche d'harmonie à tout prix
peut manger beaucoup d'énergie, si elle repose sur des données erronées du genre "on ne doit jamais se mettre en colère" ou autre...
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